Dans le domaine des cosmétiques et de la peinture, la photodégradation ou le relargage des colorants organiques a toujours été un défi majeur. Certains peintres comme Van Gogh et Renoir ne reconnaissaient pas leurs œuvres de leur vivant, seulement 20 ans après les avoir réalisées, à cause de la disparition complète de certaines couleurs. Les Maya savaient déjà au VIIIème siècle préparer des pigments stables résistants à la lumière et aux solvants, grâce au confinement de l’indigo (colorant organique) dans les canaux de la palygorskite (argile). Cependant, en fonction de la nature du minéral et de la taille du colorant, cette procédure ne peut pas toujours être appliquée. La chimie d’aujourd’hui permet, grâce aux techniques avancées, de comprendre les pratiques du passé et les problèmes rencontrés à l’époque, et d’améliorer les procédures. La notion d’archéo-mimétisme est ainsi développée au Laboratoire d’Archéologie Moléculaire et Structurale : elle consiste à étudier des matériaux anciens pour dévoiler leurs secrets d’un point de vue physico-chimique, et de créer de nouveaux pigments aux propriétés améliorées. En se basant sur cette approche, nous proposons de développer des pigments hybrides éco- et biosourcés à base de minéraux naturels et de colorants d’origine végétale. Divers procédés de synthèse basés sur des savoir-faire anciens seront testés. La stabilité photochimique sera particulièrement étudiée. Une compréhension approfondie au niveau moléculaire par une approche multi-techniques et notamment par Résonance Magnétique Nucléaire Haut et bas Champs permettra de généraliser ce procédé à toutes les couleurs issues des colorants organiques, naturels ou synthétiques.
Plus d’informations :
[Site web ADUM]
