Les fouilles menées depuis 2015 sur le camp de la cohorte urbaine de Lugdunum ont livré un corpus exceptionnel de militaria (armes et pièces d’équipement militaire) en fer et en alliage cuivreux, qui présentent en grande majorité des traces de bois perminéralisé (fossilisé par l’oxydation du métal). La première étape du projet portera sur la constitution du corpus de référence à partir des restes de bois perminéralisés observés sur les objets issus des fouilles de 2015 à 2023. À l’heure actuelle, on peut estimer qu’un minimum de 500 militaria présente des traces de bois. Cela est particulièrement visible sur les objets à douille, les viroles ou les orles. Une fois le corpus établi précisément, il conviendra d’analyser ces restes perminéralisés. Plusieurs études ont été réalisées ces dernières années à petite échelle (Taillandier & Blondel 2022). Le corpus lyonnais se prête à la mise au point d’un protocole d’analyse adapté aux pièces d’équipement militaire, en fonction de la taille et du degré de conservation des objets. Tout d’abord, on préparera les objets par « surfaçage » ou par prélèvement. Après préparation, chaque objet sera observé avec du matériel optique à haute résolution afin d’identifier des marqueurs anatomiques du bois. Ces observations seront alors comparées à des atlas anatomiques et des collections de référence afin de déterminer l’essence utilisée pour chaque objet. Tous ces éléments seront ensuite compilés dans une base de données réunissant les informations intrinsèques à chaque objet issu des fouilles (stratigraphie, datation, parallèles, typologie…).
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