Le Moyen Âge est une période au cours de laquelle plusieurs évènements majeurs auraient eu des conséquences décisives sur les pratiques d’exploitation des ressources végétales et des paysages de Méditerranée occidentale (France méditerranéenne, Espagne). La péninsule ibérique est notamment marquée par l'expansion musulmane, qui aurait initié une « révolution verte », puis par celle des royaumes chrétiens nord-pyrénéens, parfois identifiée sous le terme débattu de « Reconquista ». Si l'impact de l'expansion musulmane sur l'Occident médiéval est indéniable, il reste inégalement étudié, et l'expansion réelle des pratiques arabo-berbères en Méditerranée occidentale, leur chronologie de mise en œuvre et les « nouvelles » plantes et techniques censées les accompagner restent à documenter, notamment dans les zones rurales. Il s’agit donc d’estimer l’uniformité ou la diversité des plantes exploitées et des pratiques associées dans le monde occidental médiéval. En ce qui concerne la « Reconquista », son impact sur le monde agricole et l’exploitation des ressources naturelles, notamment forestières, a été peu exploré, et le poids de l'héritage arabo-andalous dans les zones nouvellement christianisées de la Péninsule, ainsi que la dynamique et les rythmes de la diffusion de nouvelles plantes et pratiques dans d'autres zones sous domination chrétienne, comme le sud de la France, restent à explorer. Cette thèse se positionne au cœur du projet ANR ISEMA. Le projet ISEMA vise à documenter l’évolution des pratiques agrosilvopastorales en Méditerranée occidentale (Espagne, France méridionale) au cours du Moyen Âge. L’objectif est d’évaluer comment les sociétés médiévales ont développé leurs stratégies d’exploitation des ressources végétales et des paysages en fonction de l'évolution du contexte culturel, socio-économique et environnemental, et de déterminer le rôle de ces différentes dynamiques dans la diffusion à grande échelle de certaines productions agricoles.
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