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L’étude des facteurs de l’évolution humaine en Afrique au cours des trois derniers millions d’années est fréquemment centrée sur la corrélation entre les dynamiques climatiques globales et les archives fossiles. Nous proposons dans cette thèse une approche différente fondée sur l’histoire biogéographique des biotas africains. La comparaison préliminaire entre quelques sites d’Afrique orientale suggère pour divers groupes, rameau humain compris, des histoires évolutionnaires contrastées d’un bassin hydrographique à l’autre. La comparaison de ces histoires sur plusieurs échelles géographiques permettra de tester l’importance relative du climat global et des facteurs locaux. Le cadre de ce doctorat sera la partie septentrionale du Rift d’Afrique orientale depuis les prémisses de l’intensification des cycles glaciaires de l’hémisphère nord (à partir de 3,3 Ma) jusqu’à la transition mi-pléistocène, une autre phase de changement climatique vers 1 Ma. La basse vallée de l’Omo (formations de Shungura et d’Usno, Éthiopie), la dépression du Turkana (Kenya, Éthiopie, incluant l’Omo) et le rift septentrional (de l’Afar en Éthiopie au Ngorongoro en Tanzanie) seront les trois échelles spatiales d’étude pour lesquelles les données disponibles sont abondantes et de qualité. Le travail portera sur une diversité de groupes de vertébrés et de guildes écologiques, fournissant des données plus complètes au niveau écosystémique et des histoires évolutionnaires relativement bien documentées. Plusieurs indicateurs de réponses aux dynamiques environnementales seront pris en compte : la diversité taxinomique, des marqueurs écomorphologiques (hypsodontie, adaptations aux substrats), et des proxys paléoécologiques indépendants (isotopes stables, usures dentaires). Confrontés aux données paléoenvironnementales (sédimentologie, pollens, …), l’objectif sera de construire des comparaisons entre gradients écologiques et distributions des taxons, entre phénomènes de dispersion et d’endémisme combinées et conditions environnementales locales.

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[Site web CNRS]