Les textiles andins sont parmi les plus anciens dans le monde et leur confection remonte à plus de 6000 ans. Ils faisaient partie intégrante de la vie socio-économique et symbolique des sociétés andines préhispaniques. La production textile andine est sophistiquée et diversifiée grâce à la variété des modes de tissage, des motifs, des matières premières -principalement le coton et les fibres des camélidés sud-américains- et des teintures animales, végétales et minérales utilisées. Les textiles faisaient sont donc un élément essentiel de la culture matérielle des populations anciennes qui témoignent à la fois des savoir-faire des artisans, des échanges matériels et techniques, et de l’idéologie des sociétés (diffusion des croyances et mythes des élites, etc.) inaccessibles avant la période coloniale. Les textiles anciens du sud du Pérou ont largement été étudiés d’un point de vue ethnographique, alors que l’étude au nord du pays sont restreintes. D’autre part, les analyses des textiles andins demeurent trop souvent restreintes à la documentation du style et des couleurs du motif, et à la technique de confection (torsion du fil, mode de tissage du produit fini). Or pour étudier les choix culturels qui ont présidé à l’élaboration de ces textiles, il est important de travailler sur la chaine opératoire et de considérer l’ensemble des étapes qui amènent à la production de ces pièces. Ainsi, le doctorat portera sur l’analyse technologique d’un ensemble de textiles anciens provenant de la côte nord du Pérou, en particulier des cultures Virú, Mochica, Lambayeque-Sicán, Chimú et Inca. Il s’agira de déterminer la ou les chaines opératoires pour chaque culture et mettre ces éléments en perspective pour identifier les continuités, mais aussi des différences entre ces sociétés. Ces recherches devront également tenter d’identifier d’éventuelles innovations techniques pour contribuer par exemple, à la discussion sur la mobilité des artisans et/ou des matières premières. Pour ce faire, une série d’analyses isotopiques viendront compléter l’étude technologique afin de déterminer la provenance de la matière première.
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