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Ce projet de thèse s’intéresse aux modalités d’utilisation de certaines espèces rares ou peu documentées par les groupes néandertaliens dans le quart sud-est de la France durant le dernier interglaciaire (MIS 5 sensu lato, ca. 130 à 74 ka BP). Longtemps jugée marginale au Paléolithique moyen, la consommation, et plus largement l’utilisation (viande, fourrures, plumes, carapaces) du petit gibier (lapins, castors, tortues, oiseaux, poissons) apparaît depuis une vingtaine d’années plus diversifiée, grâce notamment aux révisions taphonomiques et découvertes récentes de certains assemblages. L’objectif principal de ce travail est de continuer à documenter la variabilité des pratiques de subsistance des groupes néandertaliens à partir de l’étude approfondie de deux assemblages clés du Paléolithique moyen du Vaucluse datant du dernier interglaciaire (MIS 5 sensu lato) - La grotte des Auzières et le Grand Abri aux Puces - où certains taxons peu communs, tels que les tortues ou les castors, sont particulièrement abondants. La rareté des sites de cette période en Europe rend difficile la reconstitution des peuplements humains et la compréhension des comportements de subsistance pour cette fenêtre de temps. Certains sites comme Bolomor (Espagne), ou l’Abri Moula (Ardèche), ont livré des informations précieuses sur l’élargissement du spectre alimentaire, incluant oiseaux, tortues et restes humains. Cet élargissement, connu notamment au Proche-Orient, est souvent expliqué par des questions de besoins nutritionnels, liés à une rareté de la biomasse ou à une densification du peuplement humain. Par l’analyse des restes fauniques de ces deux sites, le projet vise à répondre à la question de l’existence de comportements propres à cette dernière grande période tempérée du Paléolithique en termes de diversité et d’utilisation des gibiers, grands et petits, ainsi qu’à celle de la part de choix et de déterminismes environnementaux dans les pratiques de subsistance.

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