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Par une approche combinant modélisation et analyse de données d’ADN ancien, cette thèse visera à inférer les systèmes de parenté dans les populations humaines anciennes. Le premier volet consistera à étudier les profils de diversité du chromosome X et des autosomes de ces populations. Puisque les femmes sont porteuses de deux chromosomes X et les hommes d'un seul, on s'attend à ce que les modes de résidence post-maritaux influencent le ratio de diversité X/autosomes : en cas de matrilocalité, on s'attend à des ratios plus faibles qu'en cas de patrilocalité. Nos travaux préliminaires ont établi que parmi d’autres estimateurs de diversité génétique, le ratio Fst X/autosomes était l'indicateur le plus performant pour détecter les modes de résidence biaisés selon le sexe. Il s'agira à présent de calculer ce ratio à partir des données de la base AADR (Allen Ancient DNA Ressource) qui comprend des données d’ADN ancien pour de nombreuses populations humaines du passé. La suite du projet consistera à développer un modèle d’évolution des systèmes de parenté européens spatialisé (à partir d’un modèle existant) qui permettra de comprendre quels types de transitions sociales sont compatibles avec l’effondrement de la diversité du chromosome Y il y a environ 3000-5000 ans. Nous avons déjà proposé qu’une transition patrilinéaire puisse expliquer cet effondrement. Cependant, nous n’avons pas pris en compte le fait que cette chute de diversité est survenue en Europe au moment d’un flux migratoire massif en provenance des steppes ponto-caspiennes. Nous évaluerons dans quelle mesure l’interaction entre processus migratoires et transition patrilinéaire a pu générer les surprenants profils de diversité génétique du chromosome Y.

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