Le colorant rouge-violet issu de lichens comme Roccella phycopsis ou Roccella fuciformis appelé « orseille » a été utilisé en teinture et en peinture comme substituant à la pourpre de Tyr, issue de mollusques et très onéreuse. Une grande variété de couleurs observées au sein de manuscrits du Xième s., écrits dans le scriptorium de l'abbaye du Mont Saint-Michel, et identifiés par spectroscopie de réflectance comme étant de l'orseille a mené à s’interroger sur l’origine de ces couleurs. Des études menées dans nos laboratoires ont pu montrer le lien entre composition moléculaire et couleur du colorant rouge-violet issu de quelques espèces de lichens. Différentes synthèses en laboratoire faisant varier différents paramètres (quantité d'ammoniac, quantité de dioxygène apportée au milieu réactionnel, durée de la réaction...) ont pu conduire à des conclusions sur les molécules à l'origine de la couleur rouge ou violette. Afin de faire le lien entre cette étude en laboratoire et les objets historiques, des micro-prélèvements ont été effectué en divers endroits de couleurs différentes sur les manuscrits. L'objectif de ces prélèvements est de confirmer les liens établis entre couleurs et la composition moléculaire qualitative et quantitative et peut-être d'expliquer quelles molécules sont présentes dans le cas des teintes marrons ce qui n'a pas été possible de reproduire par synthèse en laboratoire. Au vu de l'importance patrimonial de ces manuscrits, ces échantillons sont de taille très réduite.
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